Premières lignes #12

Ce rendez-vous hebdomadaire a été initié par le blog Ma Lecturothèque. Le principe : chaque semaine, il s’agit de prendre un livre et de vous citer les premières lignes du récit.

Cette semaine, découvrez les premières lignes de :

Croc-Blanc, de Jack London

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Chapitre 1
La piste de la viande

De chaque côté du fleuve glacé, l’immense forêt de sapins s’allongeait, sombre et comme menaçante. Les arbres, débarrassés par un vent récent de leur blanc manteau de givre, semblaient s’accouder les uns sur les autres, noirs et fatidiques dans le jour qui pâlissait. La terre n’était qu’une désolation infinie et sans vie, où rien ne bougeait, et elle était si froide, si abandonnée que la pensée s’enfuyait, devant elle, au-delà même de la tristesse. Une sortie d’envie de rire s’emparait de l’esprit, rire tragique comme celui du Sphinx, rire transi et sans joie, quelque chose comme le sarcasme de l’Éternité devant la futilité de l’existence et les vains efforts de notre être. C’était le Wild. Le Wild farouche, glacé jusqu’au cœur, de la terre du Nord.

** Retrouvez ma chronique ici **

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