Un dimanche soir en Alaska – Don Rearden

Coucou les amis !

Aujourd’hui, on part pour l’Alaska avec un livre qui traîne dans ma PAL depuis un peu plus de trois ans maintenant. Pourtant, il me faisait très envie à l’époque, mais je n’arrivais pas à m’y mettre. Le Cold Winter Challenge était donc idéal pour que je me plonge enfin dans ce roman. Malgré un début…confus, j’ai finalement beaucoup apprécié cette lecture.

***

Petite précision que je rajoute après coup : l’auteur m’a informée sur Twitter qu’il n’a pas réussi à faire publier son livre en Amérique. À ce jour, il est uniquement disponible en France, chez fleuve éditions. Apparemment, aborder le thème de réfugiés climatiques, c’est tabou aux États-Unis (ben oui, quoi, c’est un mythe, tout le monde sait ça) et toutes les maisons d’édition ont donc refusé Un dimanche soir en Alaska, ce que je trouve complètement fou et invraisemblable ! Vous pouvez retrouver son tweet en fin d’article.

***

Le résumé de l’éditeur

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Quelques baraques bancales posées sur un monde en sursis. Aux confins de l’Amérique et des glaces, le petit village indigène de Salmon Bay vit ses derniers instants.

Bientôt, le littoral cédera, la baie l’engloutira.

En attendant la barge chargée de les mener au nouveau site, les habitants disent adieu à la terre – cette terre où plane l’esprit des ancêtres, cette boue où les petites filles dessinent des histoires… Adieu à la toundra pelée, à la station de radio locale où Jo-Jo, le DJ, passe sans fin des vieux disques, aux chemins de planches et aux mélopées yupik Tyler, le premier esquimau de la planète allergique au froid, Dennis dit « l’Embrouille », Angelic, Panika, Josh, Junior et les autres – tous sentent pourtant que Salmon Bay n’a pas dit son dernier mot.
Avant la grande traversée, pour le meilleur peut-être, le village leur réserve un cataclysmique chant du départ…

Mon avis

Au début, j’ai eu un peu de mal à rentrer dans l’histoire : les personnages sont nombreux et les paragraphes les concernant sont plutôt courts, ce qui fait qu’on a du mal à les visualiser, à comprendre les relations qu’ils entretiennent les uns avec les autres. On passe d’un personnage à un autre sans prévenir et sans lien logique, ce qui fait qu’on se perd un peu. J’ai aussi eu du mal à déterminer l’âge de certains : Dennis deale apparemment diverses choses illégales, vole tout ce qui lui tombe sous la main et terrorise le village. Je l’imaginais autour de 25-30 ans, mais sa petite sœur Panika ne semble pas avoir plus de 7 ou 8 ans. Tyler va devenir tonton, mais il nous dit que sa belle-sœur est à peine plus âgée que lui… Bref, j’ai eu du mal à situer un peu tout le monde.

En fait, je pense que cela vient du fait que l’auteur a voulu nous montrer à quoi peut ressembler la vie dans un petit village indigène plus ou moins coupé du monde : délinquance, violences en tous genres, drogues, alcoolisme, parents adolescents, enfants livrés à eux-mêmes, chômage, suicides, accidents mortels. Du coup, effectivement, nos codes sont un peu bouleversés et ça déstabilise un peu au début. Mais au fil des pages, on en apprend plus sur chacun des habitants de Salmon Bay et on commence à mieux comprendre les personnages et la vie qu’ils mènent dans leur village. On découvre des secrets bien gardés, des hontes inavouées, des peurs, des angoisses, mais aussi les petits bonheurs de la vie quotidienne, les victoires personnelles, les accomplissements.

En commençant ma lecture, je me sentais un peu comme Underwood, l’employé du gouvernement qui débarque à Salmon Bay pour superviser le déménagement du village : extérieure à tout ça, distante, simple spectatrice. On ne comprend pas tout de suite certaines réactions ou certains comportements, et on a du mal à concevoir que la vie des yupiks puisse être aussi différente de la nôtre, si tournée vers les traditions et les croyances de leurs ancêtres, plutôt réfractaire à la technologie et au changement. Comment peuvent-ils préférer vivre dans un endroit où il n’y a pas de supermarché, pas de fruits et légumes frais et où la seule distraction est la radio avec un unique DJ ? Pourquoi sont-ils aussi peu enthousiastes à l’idée de déménager alors qu’ils obtiendraient plus de confort qu’à Salmon Bay ?

Et puis peu à peu, on comprend, on voit, on ressent. On voit cette incroyable solidarité qui les unit, comme une seule grande famille. On ressent leur inquiétude quand l’un d’entre eux va mal. On comprend l’importance des traditions et du passé dans un lieu aussi isolé du reste du monde. On réalise que certains ont passé toute leur vie ici, sans jamais en partir, comme leurs parents et leurs grands-parents avant eux. Tout ce qu’ils possèdent, tout ce qu’ils ont jamais connu est ici et on leur annonce qu’ils doivent tout laisser derrière eux.

Je me suis finalement beaucoup attachée à la plupart des personnages, au point d’être vraiment touchée par tout ce qui leur arrivait (et oui, puisque vous insistez, j’ai pleuré…comme toujours). Au fur et à mesure de ma lecture, j’avais de plus en plus de mal à lâcher le roman, je voulais savoir ce qu’il allait leur arriver, comment chacun allait évoluer, comment ils allaient se sortir de telle ou telle situation plus ou moins complexe, faire la paix avec eux-mêmes et avec les autres. J’ai tremblé, ri et pleuré avec eux, j’ai partagé leurs peines et leurs angoisses. Salmon Bay ne m’a pas laissée indifférente et c’est avec regret que je lui ai dit au revoir.

Et vous ? Vous l’avez lu ? Vous avez d’autres romans sur l’Alaska à me conseiller ?


**Découvrez les premières lignes du roman ici !**

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4 commentaires sur “Un dimanche soir en Alaska – Don Rearden

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  1. J’ai beaucoup aimé cette lecture! En plus c’est un sujet assez rarement abordé en littérature. Je te conseille son premier roman, Le présage du corbeau. Assez particulier, mais qui m’avait beaucoup plu aussi. Sinon sur le thème de l’Alaska, je te conseille Au bord de la terre glacée de Eowyn Ivey. Une excellente lecture!

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